mardi 24 février 2015

La toilette, naissance de l'intime - Musée Marmottan

František Kupka  Le rouge à lèvres 1908 Huile sur toile 63,5x63,5cm Paris, Centre Pompidou, 
Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle, don d’Eugénia Kupka,1963  
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jean Claude Planchet–ADAGP, Paris 2015
La toilette, naissance de l'intime
du 12 février au 5 juillet 2015

 C’est la première fois qu’un tel sujet, unique et incontournable, est présenté sous forme d’exposition. Dans ces œuvres qui reflètent des pratiques quotidiennes qu’on pourrait croire banales, le public découvrira des plaisirs et des surprises d’une profondeur peu attendue.
Des musées prestigieux et des collections internationales se sont associés avec enthousiasme à cette entreprise et ont consenti des prêts majeurs, parmi lesquels des suites de peintures qui n’avaient jamais été montrées depuis leur création. Une centaine de tableaux, des sculptures, des estampes, des photographies et des images animées (« chronophotographies ») permettent de proposer un parcours d’exception.

  L’exposition s’ouvre sur un ensemble exceptionnel de gravures de Dürer, de Primatice, de peintures de l’Ecole de Fontainebleau, parmi lesquels un Clouet, l’exceptionnelle Femme à la puce de Georges de La Tour, un ensemble unique et étonnant de François Boucher, montrant l’invention de gestes et de lieux spécifiques de toilette dans l’Europe d’Ancien Régime.
Dans la deuxième partie de l’exposition, le visiteur découvrira qu’avec le XIXe siècle s’affirme un renouvellement en profondeur des outils et des modes de la propreté. L’apparition du cabinet de toilette, celle d’un usage plus diversifié et abondant de l’eau inspirent à Manet, à Berthe Morisot, à Degas, à Toulouse Lautrec et encore à d’autres artistes, et non des moindres, des scènes inédites de femmes se débarbouillant dans un tub ou une cuve de fortune. Les gestuelles sont bouleversées, l’espace est définitivement clos et livré à une totale intimité, une forme d’entretien entre soi et soi se lit dans ces œuvres, d’où se dégage une profonde impression d’intimité et de modernité.

  La dernière partie de l’exposition livre au visiteur l’image à la fois familière et déconcertante de salles de bains modernes et « fonctionnelles » qui sont aussi, avec Pierre Bonnard, des espaces où il est permis, à l’écart du regard des autres et du bruit de la ville, de s’abandonner et de rêver.»

François Boucher, L’enfant gâté 1742? Ou années1760? Huile sur toile 52,5x41,5cm 
Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe © akg-images

Théophile Alexandre Steinlen, Le bain1902 Pastel 49, 5x64, 6cm Musée cantonal des Beaux-Arts
 de Lausanne / J.-C. Ducret Acquisition 1936 © Musée cantonal des Beaux-arts de Lausanne

Eugène LomontJeune femme à sa toilette – 1898 – Huile sur toile – 54x65cm Beauvais,
Musée départemental de l’Oise © RMN Grand Palais / Thierry Ollivier

Edgar Degas, Après le bain 1903 Fusain et rehauts sur papier 71x71cm Suisse, 
Collection Nahmad © Suisse, Collection Nahmad / Raphaël BARITHEL

Pierre Bonnard, Nu au tub1903 Huile sur toile – 44x50cm Toulouse, 
Fondation Bemberg © RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau ADAGP, Paris 2015

 Henri de Toulouse Lautrec, La toilette : Madame Favre (femme se faisant les mains)1891 Peinture à
l’essence sur carton 72x76cm Suisse, Collection Nahmad © Suisse, Collection Nahmad / Raphaël BARITHEL

Pablo Picasso, Femme à la montre 30 avril 1936  Huile sur toile 65x54,2cm Paris, musée Picasso
Dation Pablo Picasso, 1979 © RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda © Administration Picasso 2015

I belong to you, Caro Emerald


I belong to you 

Sheherazade

Ferdinand Keller (1842-1922), Sheherazade and Sultan Schariar
"Le cortège des Mille et une nuits nous offre sa drogue mystérieuse."
Jean Cocteau

Étalon arabe, Alfred de Dreux

Alfred de Dreux, Guerrier Grec à Cheval

Alfred de Dreux,  Africain tenant un cheval au bord d'une mer

Alfred de Dreux,Etalon arabe sellé

Alfred de Dreux, An African groom holding a stallion with a dog

Alfred de Dreux, The Mounts of Abd El Kader

Alfred de Dreux (1810–1860), Nubian horseman at a Gallop

Alfred De Dreux (1810-1860) est probablement le plus connu des peintres français dans le genre de l’art équestre.
 Pendant plus de trente ans, il a fixé sur la toile tous les aspects du noble animal.
 Élève de Géricault et de Cognet, l’artiste a connu une très belle carrière, aussi bien en France qu’en Angleterre.
 Lui-même cavalier passionné, Alfred De Dreux s’est consacré à la représentation de la vie du cheval et de la haute société équestre sous les règnes de Louis-Philippe et de Napoléon III (portraits équestres du duc d’Orléans et de Napoléon III).

mardi 3 février 2015

Chut! Il neige sur la Touraine...

Henri Gervex (1852-1929), Jeune femme au bouquet de violettes sous la neige 
Chut! Il neige sur la Touraine...
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samedi 31 janvier 2015

Carnaval de Venise 2015...

Raimundo de Madrazo  (1841-1920), Joven con antifaz
Plus que quelques jours pour fignoler les derniers strass et rubans...
Venise s’apprête à célébrer son Carnaval 2015 sur le thème:
"The Magic Banquet - A Gourmet's fairytale in Venice"

Velázquez au Grand Palais

Diego Velazquez, L’Infante Marie-Thérèse © The Metropolitan Museum of Art
 Velázquez
du 25 Mars 2015 au 13 Juillet 2015
Galeries nationales


Figure majeure de l’histoire de l’art, Diego Velázquez (1599- 1660) est sans conteste le plus célèbre des peintres de l’âge d’or espagnol.

  L’exposition met son œuvre en dialogue avec de nombreuses toiles d’artistes de son temps qu’il a pu connaître, admirer ou influencer.

  Elle se penche également sur la question des variations de styles et de sujets dans les premières compositions de Velázquez, le passage entre naturalisme et caravagisme, ainsi que son égale habileté à exécuter paysages, portraits et peintures d’histoire.

  Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le musée du Louvre, Paris en collaboration avec le Kunsthistorisches Museum, Vienne. 



Diego Velazquez, Autoportrait, Museo de Bellas Artes, Valence,
© Museo de Bellas Artes, Valence

Diego Velazquez, La toilette de Venus, The National Gallery
© The National Gallery

Diego Velazquez, Balthasar Carlos et son nain, Museum of Fine Arts, Boston,
© Museum of Fine Arts, Boston
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Beirut, Ibrahim Maalouf

Ibrahim Maalouf, Photo Denis Rouvre
Beirut

mardi 20 janvier 2015

Bonne Année...

Eugène Vincent Vidal (1850-1908), L'attente
 Trouver les mots justes pour souhaiter une bonne année 2015, pas si simple!
Dans l'attente, je nous souhaite l'intelligence du savoir vivre ensemble 
dans le respect, la tolérante, le partage et la sérénité.

Orientalisme, Regard sur l'Algérie

Lot 25 - Etienne DINET (1861-1929) Une place à Bou-Saâda – 1894
Estimation 200 000 - 300 000 €
 Orientalisme
Regard sur l'Algérie
Vente aux enchères mardi 10 février 2015 à 19h

Lot 9 - Hippolyte LAZERGES (1817-1887) Maternité
Estimation: 8 000  - 10 000 €

Lot 14 - Georges WASHINGTON (1827-1910) La charge
Estimation 20 000 - 30 000 €

Lot 15 - Hippolyte BALLUE (1820-1867) La promenade dans les rues d’Alger
Estimation: 3 000  - 5 000 €

Lot 26 - Etienne DINET (1861-1929) Baigneuse
Estimation: 35 000  - 45 000 €

Lot 36 - Alexis DELAHOGUE (1867-1950) La traversée de l’oued
Estimation: 4 000  - 6 000 €

Lot 39 - Eugène GIRARDET (1853-1907) Le colporteur
Estimation: 30 000  - 40 000 €

Lot 43 - Georges WASHINGTON (1827-1910) Cavaliers franchissant un oued
Estimation: 18 000  - 25 000 €

Lot 45 - Edouard VERSCHAFFELT (1874-1955) La préparation du couscous
Estimation: 15 000  - 20 000 €

Lot 47 - Henri ROUSSEAU (1875-1933) A l'aube, bergers arabes
Estimation: 18 000  - 25 000 €

Pèlerinage d'un artiste amoureux, Abdelkébir Khatibi

Narcisse Berchère (1819-1891), Caravane dans le désert. RMN Photo (C) Musée des Beaux-Arts Rennes

Quatrième de couverture
  Il y a plusieurs entrées de lecture à ce roman. Raïssi, le personnage principal, y pénètre par une porte secrète après une découverte extraordinaire. Découverte qui bouleverse sa vie privée, approfondit son œuvre d'artiste et sa relation avec la religion et le surnaturel. Un artiste mystique ? Oui, un initié aux secrets du monde islamique.
L'histoire commence à Fès en 1897 et se termine à Mazagan en 1960. Raïssi voyage vers Dieu. Il explore le monde à la croisée des pays, des civilisations et des religions.
  Au-delà de l'Histoire incarnée dans la période coloniale et post-coloniale, rayonne la promesse de la tolérance...
Spécialiste de la littérature maghrébine, Abdelkébir Khatibi est l'auteur de nombreux ouvrages sur les sociétés et l'art islamiques. Il a publié récemment Féerie d'un mutant, aux Editions du Serpent à Plumes.



Extrait
« J’ai entendu dire que dans des contrées lointaines, on croit que le singe pourrait parler, mais il est entré par prudence dans le silence, le beau silence, de peur que l’homme ne le fasse travailler. Le singe a choisi la liberté, la forêt, contre l’esclavage imposé par l’homme.
 « Le singe nous donne une leçon sur la valeur du silence et de son bon usage. Peut-être savait-il parler jadis, puis il a oublié. Est-il entré dans l’amnésie ? L’animal est-il un être sans mémoire, sans langage, sans culture ? Comme pourrions-nous l’affirmer avec certitude ?
« Selon moi, la vérité c’est que le singe est prêt à parler, à nous parler. Il attend le bon moment. C’est la politique du silence. Nous attendons avec lui en philosophant.
 « Telle est la leçon de sagesse que le singe partage avec nous. Nous partageons avec lui un secret. Un jour, dira le singe à la guenon, dans sa plus belle promesse d’amour :
  –Le temps est venu. Prépare-toi, ma belle, à la fête d’une nouvelle langue !
 «Nous mangeons l’animal, nous le dressons pour briser peut-être son savoir inné. Dans d’autres contrées encore plus lointaines, au vaste pays de la réincarnation, le singe est élevé au rang de dieu ou presque – quel  sacrilège !  –, il est l’inventeur de la grammaire et de l’écriture.
 « Nous, musulmans, nous invoquons Ibrahim pour dire que l’animal a été sacrifié à la place du fils de l’homme donné à Dieu. Voyez-vous, je parle en mon nom, je suis réformiste, un homme de la tolérance et de la mesure. Non un théologien : le mieux qu’il puisse faire c’est un jeu de mots croisés sur le Nom de Dieux et ses attributs.
 « L’homme s’est libéré en se mettant debout. Des mains libres, un droit de regard sur le monde, une bouche pour parler et manger dignement – face à l’horizon. Le langage a commencé ainsi. C’est ce que disent les savants, mais Dieu seul le sait. »
  La séance dura tard la nuit – jusqu’à la prière de l’aube. Raïssi resta éveillé, et, avant de se quitter, lui et Anasse échangèrent leurs burnous en signe d’amitié. Editions du Rocher

At least for now, Benjamin Clementine

Benjamin Clementine, Photo © Micky Clément
Coup de cœur pour le dernier album de
Benjamin Clementine
At least for now 


Benjamin Clementine interprète Condolence à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris

mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël...

Charles Edward Chambers (1883-1941), Christmas Glamour Girl, Redbook magazine cover, December 1934
Joyeux Noël à tous...

lundi 3 novembre 2014

Frimousses de Créateurs 2014, «Opéra, Aria, Etc.»

Ali Mahdavi, Marie Agnès Gillot 2

« Opéra, Aria, Etc. »
Vente aux Enchères lundi 24 novembre 2014 à 20h
Exposition du 18 au 23 novembre 2014

 « Opéra, Aria, Etc. »
  Les « Frimousses de Créateurs » 2014 rendent hommage à la l’Opéra, alliant ainsi art lyrique, art contemporain et humanitaire.

  Chaque année, designers et artistes relèvent un généreux défi : vacciner les enfants du Darfour. Sur le thème de l’Opéra, cette édition donnera plus de voix aux enfants du Darfour et sensibilisera le grand public aux droits et à la protection des enfants.

  Par leur imagination et leur créativité, chaque créateur offre sa version de « Opéra, Aria, Etc. »: féérique, harmonieuse et mélodieuse!

  Événement incontournable, organisé par l’UNICEF France, Frimousses de Créateurs réunit depuis 12 ans les Créateurs de Mode, les Artistes de renom, les Joailliers, les Designers autour d’un but commun : soutenir les campagnes de vaccination de l’UNICEF pour les enfants du Darfour.

  Cette année encore, la maison ARTCURIAL est heureuse de diriger la vente aux enchères des « Frimousses de Créateurs », au profit de l’UNICEF. A cette occasion, 85 œuvres seront offertes à la vente, sous les marteaux de Maître Hervé Poulain, Maître Arnaud Oliveux et Maître Astrid Guillon, commissaires-priseurs d’ARTCURIAL.

Antik Batik

Chanel, Paris Byzance

Christian Dior,Olga 

Dolce & Gabbana, Violetta

Sonia Rykiel, L’important, c’est la cause

Tajan, Belle vente Tableaux et Sculptures Orientalistes

Lot 13  Henri Adrien Tanoux (1865-1923), La belle odalisque
 Estimation : 12 000/18 000 €
  Islamic Art 
Tableaux et Sculptures Orientalistes
Vente aux enchères
Mardi 4 novembre 2014 à 19h

Lot 14  Ecole française orientaliste, suiveur de Pierre Bonirote (1811-1891), Femmes au bain
Estimation : 18 000/25 000 €

Lot 17  Joseph-Félix Bouchor (1853-1937) Fès, Le souk et les horloges de Bou Anania (Inamiya) Fez
Estimation : 5 000/7 000 €

Lot 18  Alphonse Etienne Dinet (1861-1929), Le départ pour la fête
Estimation : 300 000/400 000 €
Notes: Étienne Dinet fit son premier voyage en Algérie en 1884 avec son ami Lucien Simon. Il y retourna l’année suivante, et en 1887 devint membre de la Société des Peintres Orientalistes fondée par Léonce Bénédite. Il fut l’ami du peintre Paul Leroy, et s’inscrivit à l’école des langues orientales pour apprendre l’arabe. Sa rencontre avec Slimane Bin Ibrahim, qui devint son guide, son conseiller et enfin son ami fidèle, fut déterminante. L’Algérie devint alors son unique source d’inspiration et lui apporta l’énergie et la vivacité qu’il lui fallut pour peindre ses magnifiques tableaux. Dinet fit de nombreux et longs séjours en Algérie, se convertit à l’Islam, et fit le pèlerinage à LaMecque. Sa connaissance et son amour de l’Algérie lui ont permis de reproduire dans ses tableaux les qualités de ce pays et de ce peuple devenus siens. Dinet peignit des scènes de désert, des sujets religieux, de magnifiques ouled-nails, et des scènes enfantines. Jeunes garçons jouant avec un sou, jeunes filles au bain sont autant d’illustrations de la joie de vivre dans le sud algérien. Le tableau que nous présentons représente un groupe de jeunes filles tenant une petite fille. C’est le soir, la lune est haute mais la nuit n’est pas encore tombée. Elles sont richement vêtues, et portent de magnifiques bijoux. Elles sont pressées, et semblent courir vers une fête, un mariage, une musique Dinet a merveilleusement rendu le mouvement par le jeu des tissus qui se froissent sur les corps qui semblent vouloir sauter hors du tableau. La jeune fille à gauche semble y être parvenue, grâce à l’audace du peintre qui ne nous montre qu’un morceau de son corps. La petite fille quant à elle semble portée par ses amies ou ses sœurs pour qu’elle marche plus vite. Le peintre s’est plu à dépeindre la richesse des couleurs des vêtements et des foulards rouge, jaune ou vert. La nuit mauve arrive, mais le soleil invisible dans l’œuvre éclaire la montagne d’une chaude teinte orangée. C’est un tableau joyeux et plein de vie que l’on se plaît à admirer.
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Lot 26  Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953), Deux sikhs
Estimation : 15 000/25 000 €
Notes : Provenance: Collection particulière, France. Exposition Lévy-Dhurmer, Bruxelles, Galerie des Artistes Français, 20décembre 1927-3janvier 1928, sous le numéro31. - Étiquette d’exposition au dos.
Le sikhisme est l’une des quatre religions de l’Inde fondée par Nanak (1469-1538) au Pendjab. Bibliographie: Reproduit au catalogue de l’exposition citée ci-dessus, à la fin de l’introduction de Camille Mauclair sous le titre "Deux profils d’hindous". Il existe une huile sur toile du même sujet offerte par Monsieur et Madame ZAGOROWKI, en 1976, au musée Paul Valéry à Sète. Ce peintre français, né à Alger, commença sa carrière en peignant sur faïence dans la manufacture de Clément Massier. Ses nombreux voyages le conduisirent à sillonner le monde oriental du Maroc aux Indes, et les souvenirs qu’il en ramena lui furent source d’inspiration. C’est en tant que pastelliste qu’il excella trouvant dans cet art le moyen d’exprimer toute sa sensibilité et sa douceur. Dessinateur et coloriste hors-pair, ce peintre nous a laissé une vision unique de l’Orient, s’attachant à la lumière et aux sentiments. Notre tableau illustre magnifiquement l’art de Lévy-Dhurmer. Il ose le jaune éclatant, couleur de l’Inde, et nous présente des personnages empreints de noblesse.
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Lot 27  Jacques Majorelle (1886-1962), Anemiter, Grand-Atlas, 1928
Gouache et encres de couleur, technique mixte sur papier rehaussé de poudres d’or et d’argent, signé, 
situé et daté en bas à gauche. Titré au dos "Anemiter, Vallée Dounila Grand Atlas, Le Noyer n° 29".
Estimation : 80 000/120 000 €
Notes: Provenance: Collection particulière, France. "Les murs de terre, qui peuvent apparaître presque blancs sous le soleil, deviennent de plus en plus rouges à mesure que la lumière diminue ou lorsque la pluie les frappe et les mouille, modifiant ainsi totalement les valeurs et les volumes de ces bâtisses." Félix Marcilhac.
Bibliographie: Félix Marcilhac, "Les Orientalistes, Jacques Majorelle", Édition A.C.R.Paris, 1995, reproduit en couleurs, page139. Après l’Italie et l’Égypte, Majorelle découvre le Maroc en 1917. Il sera tout de suite séduit par Tanger, résidence privilégiée des artistes occidentaux. Cependant, le Maroc du Nord trop humide ne lui convient pas et il part s’installer à Marrakech. Il est immédiatement séduit par cette ville où il y fut reçu et accepté tant par les Français résidents que par les notables locaux. Majorelle se plaît à peindre les souks, mais il veut aller plus loin. Le sud marocain est encore une terre inconnue ou peu se sont rendus, et c’est là que Majorelle veut aller. À partir de 1919, il se rendra régulièrement dans l’Atlas, et peindra les casbahs. Il affectionnera particulièrement la vallée de l’Ounila et la casbah d’Anemiter qu’il découvrit lors de sa première expédition dans le Haut-Atlas en 1921. Anemiter est extrêmement bien conservé, et jouit d’une situation remarquable lui donnant une vue unique sur l’Atlas. Dans l’œuvre présentée, nous voyons au premier plan quelques habitants du village sur une terrasse. Ils paraissent fragiles et écrasés par la grandeur du paysage alentour. Les tours carrées bâties comme des châteaux-forts, et au loin, l’Atlas majestueux semblent protéger ces lieux de tout visiteur.
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Lot 34  Edy-Legrand (1892-1970), La visite
Estimation : 15 000/25 000 €
Notes: Provenance: Collection particulière, France. Édy-Legrand, dont le vrai nom est Édouard Warschavsky, étudia à l’Académie des Beaux-Arts de Munich avant d’entrer dans l’atelier de Gabriel Ferrier à Paris. Il débuta sa carrière comme illustrateur pour divers magazines. Son style est toujours classique, mais sa découverte de l’Algérie et du Maroc lui permettra de trouver une nouvelle source d’inspiration. En 1933, il rencontre Jacques Majorelle, et les deux peindront à Marrakech. Édy-Legrand peignit de vastes paysages marocains, mais il excelle dans son art quand il réalise des portraits et des scènes de genre. Il est un merveilleux coloriste qui aime représenter des femmes buvant du thé, dansant l’Aouache, ou comme dans notre peinture, recevoir des visiteurs.
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Lot 38  Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Femmes tunisiennes
Estimation : 100 000/150 000 €
Notes : Après un voyage dans le sud de l’Espagne, où il découvre l’architecture mauresque, Alexandre Roubtzoff décide de visiter la Tunisie. Il a 30 ans lorsqu’il arrive à Tunis en 1914.
Il va alors entamer une véritable vie de "peintre-voyageur", explorant l’Afrique du nord. Cependant, son pays de prédilection reste la Tunisie. Notre tableau, œuvre magistrale restée inconnue depuis 1920, est une magnifique illustration de la belle série de tableaux sur les femmes tunisiennes de ce grand artiste orientaliste.
Deux jeunes femmes au premier plan discutent, assises sur des nattes. Leurs vêtements, leurs bijoux, leur attitude tranquille illustrent la douceur de vivre de ce pays baigné de soleil. Chacune des femmes est identifiée par son prénom. Se côtoient donc "Fatma", "Salma" et "Mahbouba", modèles chers à Roubtzoff qu’il représentera parfois seules dans ses autres tableaux. Alexandre Roubtzoff se montre un merveilleux coloriste dans ce tableau où les bleus jouent avec les roses et les jaunes.
Mais c’est aussi un fidèle témoignage de la vie quotidienne en Tunisie, et de ses costumes traditionnels.
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Lot 42  Mathilde-Margherite Hautrive (1881-1963), "Scène enfantine à Meknès"
Estimation : 4 000/6 000 €

Lot 52  Hassan El Glaoui (né en 1924), Fête arabe sur fond vert
Estimation : 20 000/40 000 €

Lot 56  Mahieddine Baya dite Baya (1931-1998), Jeune femme aux paons
Estimation : 6 000/8 000 €
Notes: Provenance: Collection particulière, France. "Baya dont la mission est de recharger de sens ces beaux mots nostalgiques: l’Arabie heureuse’. Baya, qui tient et ranime le rameau d’or". André Breton, "Baya, Derrière le Miroir", Galerie Maeght, Paris, novembre1947. Cette orpheline travailla comme aide ménagère dès son plus jeune âge à Alger. Elle y découvrit une demeure pleine de fleurs et d’oiseaux, et commença à peindre des gouaches. En 1943, Aimé Maeght de passage à Alger vit ses œuvres. Il lui organisa une exposition à Paris en 1947, et André Breton préfaça le catalogue. Elle découvrit Paris et rencontra Braque et Picasso. Elle est considérée comme l’une des fondatrices de l’art algérien moderne. Baya aima les couleurs, les roses vifs, les bleus éclatants qu’elle ourla d’un puissant trait noir. Peintre de femmes, elle les enferme en noir, mais les libère par la couleur.
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«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard